L’été

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Lanquan li jorn son lonc en mai. (Lorsque les jours sont longs en mai) Jaufre Rudel

Aujourd’hui, il fait frais, l’air est piquant, malgré un beau soleil.

Et pourtant. C’est le début de l’été, dans la théorie des Cinq Éléments (ou mouvements) en Médecine Chinoise.

Alors pourquoi est-ce que j’insiste lourdement, régulièrement, avec ces histoires de saisons qui ne correspondent pas à ce qui est marqué dans nos honnêtes calendriers ?

Tout simplement parce-que ce qui est marqué dans le calendrier est faux, et que cela n’est pas pratique. Bon, ça commence fort… J’explique.

En fait, ce qui est noté dans la plupart des calendriers, ce sont les Équinoxes et les Solstices, qui sont des moments ponctuels soit d’équilibre, soit d’apogée. Ce sont des dates scientifiques, astronomiques, liées à la position de la Terre par rapport au Soleil.

Les Équinoxes de Printemps et d’Automne correspondent aux moments où la nuit et le jour sont équivalents. Ce sont des instants de bref équilibre, avant de basculer à nouveau.

Les Solstices d’Été et d’Hiver sont respectivement l’apogée du jour sur la nuit, et l’apogée de la nuit sur le jour. Avant de basculer à nouveau vers l’équilibre.

Comme une roue qui tourne.

Mais les Équinoxes et les Solstices ne sont pas le début de la saison, ils sont le plein de la saison.

C’est important de faire la distinction, pour deux raisons.

D’abord, la saison, c’est quelque chose de subjectif, propre au lieu, à l’année, au climat. Dans le Midi, nous avons la sensation d’être en été plus tôt que les habitants du Puy en Velay ou de la Suède. Encore que. Avec le changement climatique, ce n’est plus aussi net. En tout cas, la saison dure, plus ou moins longtemps, et elle se caractérise par des données de luminosité, de température moyennes, d’humidité de l’air, de précipitations. Et comme tout est lié, ces variations impactent le sol et tous les êtres vivants, plantes et animaux.

Et c’est là le second point. Si nous ne sommes pas préparés AVANT, si nous avons des faiblesses, disons en raison de pression intellectuelle / psychique / émotionnelle, d’une alimentation pas assez adaptée (comme manger des aliments froids en hiver), de fatigue etc. nous avons du mal à nous adapter, nous souffrons de la chaleur, du froid, de la pluie, du vent… Nous sommes plus sensibles et moins résistants.

Prendre conscience de ces rythmes et les intégrer dans nos vies nous permet de nous mettre au diapason, de faire évoluer sciemment notre alimentation au fil des saisons, et de pallier à nos faiblesses lorsqu’elles nous sont connues : fragilité ORL, jambes lourdes, allergies saisonnières, rhumatismes hivernaux par exemple.

Aller avec, accompagner, plutôt que lutter. S’appuyer sur ce rythme qui nous dépasse pour être propulsé.

Les plantes sont alors d’un grand secours, en particulier si on les considère elles aussi dans cette perspective. Il y a des plantes et des aliments réchauffants, rafraichissants. En un mot, il s’agit de jouer avec le Yin et le Yang. En gardant bien à l’esprit qu’il n’y a pas de Yin ou de Yang absolu, les plantes / aliments / phénomènes climatiques ne sont yin ou yang que par rapport à quelque chose d’autre.

NB : le Yin, c’est la nuit, le froid, l’inertie, la condensation, la concentration, la terre, tandis que le Yang c’est le jour, la chaleur, le mouvement, l’expansion, la montée, le ciel…

On peut se représenter les saisons comme le mouvement respiratoire de la Terre : inspiration – expiration. Montée – descente de la sève dans les végétaux. Réveil des bourgeons. Concentration des nutriments dans la racine.

Et donc, aujourd’hui commence l’été. TADAM !

Celles et ceux qui travaillent dehors le savent bien : les jours sont longs. La luminosité arrive de plus en plus tôt et les soirées s’étirent. On peut être actif plus longtemps, et ce n’est que le début. On s’est échauffé en mars et en avril, à présent c’est la course de fond, il s’agit d’être endurant. L’effort va être continu et ira s’intensifiant jusqu’au début du mois d’août (l’automne commencera le 8 août cet année, selon la Médecine Chinoise).

Pour nous soutenir, nous avons toutes les lamiacées, qu’elles soient toniques (origan, romarin, thym, sarriette, menthe) ou apaisantes (marjolaine, mélisse). Si nous nous sentons épuisés, nous pouvons nous appuyer sur l’olivier et le noyer en macérats glycérinés. Lorsqu’il fera très chaud, et même en prévention, nous pouvons avoir recours aux plantes circulatoires : châtaignier, sorbier, marronnier en macérats glycérinés, menthe poivrée en huile essentielle (sur de petites zones du corps).

Entre deux aventures, prenez le temps de souffler et de vous régaler 🙂

Jaufre Rudel (voir citation en ouverture) est un troubadour occitan du XIIe siècle. Lanquan li jorn son lonc en mai celèbre son amor de lonh, son amour de loin, la comtesse de Tripoli, qu’il n’a jamais vue qu’en portrait. La légende dit qu’il se serait embarqué pour la rejoindre et qu’il serait mort dans ses bras, après avoir accosté.

Vous pouvez écouter une version de ce chant par l’ensemble Gilles Binchois ici.

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