Poterium sanguisorba, petite mais costaud

Mais si, vous la connaissez ! Elle s’accommode de presque tous les sols, au point qu’on la retrouve à présent dans les mélanges de graines pour espaces verts.

Elle germe bien et constitue un couvre-sol efficace. Elle ne craint pas les terrains secs, voire très secs, ce qui est certainement un avantage pour nous, en zone méditerranéenne, puisqu’on la mange en salade.

Lorsque le sol est plus humide ou plus frais, on trouvera volontiers sa grande parente, aux folioles plus allongées…

Vous avez trouvé ?

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Aujourd’hui on parle de la petite pimprenelle, autrefois Sanguisorba minor, devenue à présent Poterium sanguisorba.

Côté phytothérapie

Sanguisorba vient de sanguis sorbeo en latin, et signifie « j’étanche le sang ». La grande pimprenelle, Sanguisorba major, a également la réputation d’être hémostatique (c’est à dire d’empêcher le sang de couler).

La petite pimprenelle fait partie de la famille des Rosacées. C’est une famille dont les plantes qu’on utilise en phytothérapie contiennent souvent des tanins. Les feuilles de ronce, de framboisier, de fraisier, les sommités fleuries d’aigremoine, les racines de la benoite sont tanniques, ainsi que la potentille (plante entière).

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Les tanins sont solubles dans l’eau, ils se prêtent donc particulièrement bien aux infusions dans de l’eau chaude ou froide. Ils sont astringents, cela signifie qu’ils resserrent les pores de la peau et lissent la paroi des muqueuses, les rendant ainsi imperméables, c’est à dire résistantes aux inflammations et aux microbes.

Comme de nombreuses Rosacées, la petite pimprenelle est cicatrisante sur les plaies, les brûlures, les ulcères, les aphtes, l’eczéma. Elle va être utile pour soulager les inflammations des muqueuses et les hémorroïdes.

Elle contient aussi des acides phénols et des flavonoïdes dont les propriétés anti-oxydantes, antimicrobiennes et antivirales ne sont pas à dédaigner. Ajouté à sa teneur en vitamine C et minéraux, elle peut être un allié en prévention du virus de la grippe.

Une équipe de chercheurs de Madrid a testé divers extraits de plantes communes sur le virus du SIDA, dont la petite pimprenelle, exactement celle que nous cueillons en terrain sec, Sanguisorba minor magnolii. Et son extrait a donné des résultats à une concentration de 50 mg / ml. Pas si mal pour une petite salade sauvage ! Vous retrouverez le lien sous l’article. Cela dit, je ne sais pas quelle est la conséquence de ce genre d’essais à plus ou moins long terme. Est-ce qu’on jour on combattra certains virus avec ces plantes ? Et sous quelle forme ? À suivre, donc.

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Côté cuisine et douceurs

La petite pimprenelle s’intègre parfaitement à l’alimentation sous forme de salade sauvage et d’aromate. Son goût de concombre est rafraichissant, avec une touche très verte et douce. La texture est douce et consistante. Elle peut s’associer à une salade d’hiver (chicorée, mâche), ou constituer la base d’un mesclum de salades sauvages, plus amères ou plus piquantes (pissenlit, chicorée, herbe à la bûche, laiteron maraicher, roquette, fausse roquette)…

Une autre façon très agréable de la consommer est de la faire infuser à froid pendant toute la nuit. Cette boisson est rafraichissante, désaltérante et astringente. Parfait en prévision d’une randonnée ! Vous pouvez d’ailleurs tester la même recette avec des feuilles de fraisier, vous serez surpris ! Vos papilles vous diront merci.

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Infusion à froid de pimprenelle et…
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infusion à froid de feuilles de fraisier : un arôme surprenant

J’ai failli oublier de vous dire : écrasée au mortier avec huile d’olive et sel, elle est délicieuse en pesto. Pour voir la manière de procéder, vous pouvez lire ici.

Côté botanique

Je m’avise que je ne vous ai pas encore décrit la Belle… Pourtant, comme Jaufré Rudel qui s’éprit de la princesse de Tripoli simplement en contemplant son portrait, vous l’aimez déjà, cette petite sanguisorbe 😉

Les feuilles, vert mat, sont composées de folioles dentés, en nombre impair. Le pétiole est finement velu, il peut tirer sur le rouge, rappelant son nom de sanguisorbe. Le foliole terminal a une dent centrale plus petite que les autres dents (voir photo).

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Les fleurs sont très discrètes, agglomérées en un capitule ovoïde. Lorsqu’elles s’épanouissent, elles révèlent des étamines pourpres, qui jaillissent, comme des jets de sang. Cela fait plusieurs années que je rate le bon moment pour prendre une photo. Qui sait, en 2020, j’aurai peut-être ma chance !

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Là, les fleurs sont encore fermées. Patience !

Les fruits sont des akènes. Là aussi, j’attends encore les photos éloquentes…

Sources

Pour voir d’autres photos sur Tela Botanica

Et pour comparer avec la grande pimprenelle

La pimprenelle sur wikiphyto

Les essais anti-VIH à Madrid

Flore de la France méditerranéenne continentale, Tison, Jauzein et Michaud, Naturalia Publications, 2014.

Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier, Omnibus, 1947. 2010.

Traité de Phytothérapie Aromathérapie Gemmothérapie, Dr Jean-Michel Morel, Grancher, 2017.

Les salades sauvages – l’ensalada champanèla, Les Écologistes de l’Euzière, 3e édition 2003.

Et pour réviser les salades sauvages

 

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